Article du journal "le jour" de 09 mars 2009 (journal Belge)
Des chercheurs allemands ont isolé une variante de chromosome présente chez les personnes qui souffrent d'un « bec-de-lièvre ».
Les gènes pourraient jouer un rôle plus important que l'on croyait dans une malformation de la face, la fente labio-maxillo-palatine, plus connue sous le nom de « bec-de-lièvre », selon une étude publiée hier dans la revue spécialisée Nature Genetics
.
Le « bec-de-lièvre » est une des malformations congénitales les plus courantes à la naissance, touchant un nouveau-né sur 700 à 1 000 en en Europe.
Cette anomalie du développement embryonnaire se traduit par une ouverture qui subsiste entre les lèvres, la mâchoire et parfois également le palais.
Elle est due à la fois à des influences environnementales qui agissent sur l'enfant depuis l'extérieur jusque dans le ventre maternel, et à des facteurs génétiques.
Une variante du chromosome 8
Les chercheurs de l'Université de Bonn ont examiné le patrimoine génétique de 462 personnes qui présentent une fente labio-maxillo-palatine et ils sont allés dans le détail pour plus de la moitié d'entre eux afin d'établir des comparaisons avec des bouts de gènes de plus 950 sujets non atteints.
Ils ont constaté sur une partie du chromosome 8 la présence d'une variante génétique bien plus fréquente chez les personnes concernées que chez les autres.« C'est là une preuve manifeste de ce qu'un gène situé dans cette région est impliqué dans l'apparition »
de cette anomalie, relève la responsable de l'étude le Dr Élisabeth Mangold.
Pour elle, « s'il n'y avait pas ce facteur génétique sur le chromosome 8, la probabilité qu'un enfant vivant dans notre société ait une fente labio-maxillo-palatine serait sensiblement inférieure à 1 pour 700».
« Au fond, c'est une bonne nouvelle pour toutes les mamans d'enfants touchés par cette malformation, qui avaient tendance à se dire qu'elles avaient fait quelque chose qu'il ne fallait pas pendant leur grossesse. On n'est pas responsable de ses gènes», ajoute la chercheuse.
Pour poursuivre leurs analyses, notamment préciser le gène en cause, les généticiens font appel à de nouveaux participants.« Il pourrait s'agir de ce que l'on appelle "un élément régulateur" qui détermine les autres gènes », avance la chercheuse.
À terme, une meilleure compréhension permettrait de mesurer l'utilité d'une prévention, par exemple médicamenteuse (vitamines...), pendant la grossesse. Car si une opération peut faire disparaître la fente labio-maxillo-palatine, elle n'efface pas les traumatismes psychologiques qui frappent parfois ceux qui en sont atteints.